Lisez ce titre et relisez le, jusqu’à comprendre vraiment ce qu’il veut dire, ils vivent, parmi les cochons.
Cette phrase me transperce tous les matins lorsque je vais au bureau. La route est bordée de bidonvilles, de taudis et autres amas de détritus diverses servant de « maisons » à des dizaines et des dizaines de familles indiennes.
La communauté porcine y fait foison, partout, ils grouillent, fourant leur groins jusque dans les hamacs souillés, reniflant la farine des chapatis, défèquant a l’entrée des abris de fortunes. Mon dieu, dans quel monde vit-on …
Les enfants sont là, dans toute cette misère infame, à portée de pots d’échappement, pataugeant dans les mares boueuses laissées par la mousson. Les plus grands (4 ans tout au plus) portent les plus petits (quelques mois) ; pour aller où ? A la déchetterie, quelques centaines de mètres plus loin, voir si il n’y aurait pas quelques bouts de chiffons a glanner ? Le dernier hamac confectionné par papa vient de lacher, si ils pouvaient éviter de dormir par terre ce soir ce serait bien, sinon tant pis, ce ne sera pas la première fois, ni la dernière d’ailleurs.
Maman fait la lessive, à quelques pas de là, sans savon bien sur, avec un baquet d’eau douteuse. Elle roule le linge en boule et tappe plusieurs fois le petit paquet confectionné sur le goudron (ou ce qu’il en reste). La tâche est vite réglée, il n’y a pas beaucoup de pièces à laver. Voilà une journée, longue, qui commence, une journée à attendre, que la vie passe.
Deonis, le serveur de thé au bureau, me disait il y a quelques temps : "what is my life ? I pray God, but, what can I do ? What is my life … ". Et Deonis avait pourtant un travail, lui. Est-ce que ces gens, dans leur abris insalubre, prient Dieu le soir ?


Aujourd’hui, le riz était tellement épicé que Gerardo a dû y mélanger sa banane pour atténuer le feu. D’habitude on s’en sort assez bien avec le riz blanc et quelques chapatis, mais aujourd’hui, pas moyen.